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Paroisse de Saint-Eloi
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Paroisse de Saint Eloi

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6ème semaine de carême

Pour méditer avec une œuvre d’art :
Le Christ crucifié - Velasquez, Musée du Prado

... et aussi une chanson de Francis Cabrel, « Dans chaque cœur »

Évangile proposé pour le partage en groupe :
Le chemin de croix, le crucifiement, la mort de Jésus.  Marc 15, 20b-39

Ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).

Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas. Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun. C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia.

L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ». Avec lui ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
Les passants l’injuriaient en hochant la tête : ils disaient : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »
De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! » L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »
Mais Jésus, poussant un grand cri, expira.

Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu !

Questions pour le partage en groupe (préparez-en au moins une avant la réunion) :

-  Quelle importance la passion de Jésus a-t-elle dans ma vie ? M’arrive-t-il d’en parler avec d’autres ?
-  Jésus au milieu des brigands et des insultes : qu’est-ce qui nous touche dans cette scène ?
-  La dernière parole de Jésus : est-ce qu’il m’est arrivé de me croire abandonné (e) de Dieu ? quelle importance a pour moi le fait que Jésus a prononcé cette parole ?

Éclairage biblique :  psaume 22 (21) – Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné

Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?
Le salut est loin de moi,
loin des mots que je rugis.

Mon Dieu, j’appelle tout le jour,
et tu ne réponds pas ;
même la nuit,
je n’ai pas de repos.

Toi, pourtant, tu es saint,
toi qui habites les hymnes d’Israël !
C’est en toi que nos pères espéraient,
ils espéraient et tu les délivrais.
Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ;
en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

Et moi, je suis un ver, pas un homme,
raillé par les gens, rejeté par le peuple.
Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !
Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère,
qui m’a mis en sûreté entre ses bras.
A toi je fus confié dès ma naissance ;
dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

Ne sois pas loin : l’angoisse est proche,
je n’ai personne pour m’aider.
Des fauves nombreux me cernent,
des taureaux de Basan m’encerclent.
Des lions qui déchirent et rugissent
ouvrent leur gueule contre moi.

Je suis comme l’eau qui se répand,
tous mes membres se disloquent.
Mon coeur est comme la cire,
il fond au milieu de mes entrailles.
Ma vigueur a séché comme l’argile,
ma langue colle à mon palais.

Tu me mènes à la poussière de la mort.

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m’entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.

Ces gens me voient, ils me regardent.
Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.

Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l’épée,
arrache-moi aux griffes du chien ;
sauve-moi de la gueule du lion
et de la corne des buffles.

Tu m’as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.

Vous qui le craignez, louez le Seigneur,
glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob,
vous tous, redoutez-le, descendants d’Israël.

Car il n’a pas rejeté,
il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ;
il ne s’est pas voilé la face devant lui,
mais il entend sa plainte.

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
« A vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra
et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ;
promis à la mort, ils plient en sa présence.

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son oeuvre !

Commentaire : (Jésus de Nazareth – tome II – Joseph Ratzinger/Benoît XVI)

Matthieu et Marc nous racontent de manière concordante que, à la neuvième heure, Jésus s’exclama en un grand cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ils transmettent le cri de Jésus en un mélange de langues hébraïque et araméenne et le traduisent ensuite en grec. Cette prière de Jésus n’a jamais cessé de susciter le questionnement et la réflexion des chrétiens : comment le Fils de Dieu pouvait-il être abandonné de Dieu ? Que signifie ce cri ?
(…)
Ce n’est pas n’importe quel cri d’abandon. Jésus récite le grand Psaume de l’Israël souffrant et prend ainsi sur lui tous les tourments non seulement d’Israël mais de tous les hommes qui, en ce monde, souffrent parce que Dieu leur est caché. Il présente devant le cœur de Dieu même, le cri d’angoisse du monde tourmenté par l’absence de Dieu.
(…)
Le Psaume 22 (…) est présent tout au long du récit de la Passion et va au-delà. L’humiliation publique, le mépris et le hochement de tête des railleurs, les souffrances, la soif terrible, la perforation des mains et des pieds, le tirage au sort des vêtements – toute la Passion dans ce Psaume est comme racontée à l’avance.
Et pourtant, tandis que Jésus prononce les premières paroles de ce Psaume, est déjà présent, en fin de compte, l’ensemble de cette magnifique prière – et aussi la certitude de l’exaucement qui se manifestera dans la résurrection, dans la constitution de la « grande assemblée » et dans le rassasiement de la faim des pauvres. Le cri dans l’extrême tourment est, en même temps, certitude de la réponse divine, certitude du salut – non seulement pour Jésus lui-même, mais pour les « multitudes ».