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Paroisse de Saint-Eloi
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4ème semaine de carême

Pour méditer avec une œuvre d’art :

Dans la passion selon St Matthieu de J.S. Bach, après le reniement de Pierre, une voix d’alto chante l’air « Erbarme dich, mein Gott » :
Aie pitié de moi, mon Dieu, au nom de mes larmes.
Vois : mon cœur et mes yeux pleurent amèrement devant toi

Évangile proposé pour le partage en groupe :
Chez Caïphe – Le reniement de Pierre.  Marc 14, 61b-72

Le grand prêtre l’interrogea de nouveau : « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? » Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. » Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ? » Tous prononcèrent qu’il méritait la mort.
Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d’un voile, et le giflèrent, en disant : « Fais le prophète ! » Et les gardes lui donnèrent des coups.

Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une des jeunes servantes du grand prêtre. Elle voit Pierre qui se chauffe, le dévisage et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ! » Pierre le nia : « Je ne sais pas, je ne comprends pas de quoi tu parles. » Puis il sortit dans le vestibule, au dehors. Alors un coq chanta.
La servante, ayant vu Pierre, se mit de nouveau à dire à ceux qui se trouvaient là : « Celui-ci est l’un d’entre eux ! » De nouveau, Pierre le niait.
Peu après, ceux qui se trouvaient là lui disaient à leur tour : « Sûrement tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, tu es Galiléen. » Alors il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »

Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Alors Pierre se rappela cette parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il fondit en larmes.

Questions pour le partage en groupe (préparez-en au moins une avant la réunion) :

-  « Es-tu le Christ, le fils du Dieu béni ? - Je le suis » : cette réponse nous choque-t-elle encore aujourd’hui ? qu’en faisons-nous ?
-  Dans quelles situations suis-je amené à dire que je connais Jésus ?
-  Jésus est fidèle à lui-même et à sa mission tandis que Pierre, séduit comme instantanément par l’entourage des grands prêtres, le trahit. Suis-je conscient de la force d’entrainement du groupe ? Sais-je résister à cette force ?

Éclairage biblique :  Ps 35 (34) – Prière d’un juste persécuté

Accuse, Seigneur, ceux qui m’accusent,
attaque ceux qui m’attaquent.
Prends une armure, un bouclier,
Lève-toi pour me défendre.

Parle et dis-moi : « Je suis ton salut. »

Pour moi, le Seigneur sera ma joie,
et son salut, mon allégresse !

De tout mon être, je dirai :
« Qui est comme toi, Seigneur,
pour arracher un pauvre à plus fort que lui,
un pauvre, un malheureux, à qui le dépouille. »

Des témoins injustes se lèvent,
des inconnus m’interrogent.
On me rend le mal pour le bien :
je suis un homme isolé.

Quand ils étaient malades,
je m’habillais d’un sac,
je m’épuisais à jeûner ;
sans cesse, revenait ma prière.

Comme pour un frère, un ami,
j’allais et venais ;
comme en deuil de ma mère,
j’étais sombre et prostré.

Si je faiblis, on rit, on s’attroupe,
des misérables s’attroupent contre moi :
des gens inconnus
qui déchirent à grands cris.

Ils blasphèment, ils me couvrent de sarcasmes,
grinçant des dents contre moi.

Comment peux-tu voir cela, Seigneur ?
Tire ma vie de ce désastre, délivre-moi de ces fauves.

Je te rendrai grâce dans la grande assemblée,
avec un peuple nombreux, je te louerai.

Qu’ils n’aient plus à rire de moi,
ceux qui me haïssent injustement !
Et ceux qui me détestent sans raison,
qu’ils cessent leurs clins d’oeil !

Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence !
Seigneur, ne sois pas loin de moi !
Réveille-toi, lève-toi, Seigneur mon Dieu,
pour défendre et juger ma cause !

A ceux qui voulaient pour moi la justice,
rires et cris de joie !
Ils diront sans fin : « Le Seigneur triomphe,
lui qui veut le bien de son serviteur. »

Moi, je redirai ta justice
et chaque jour ta louange.

Commentaire : (Jacques Hervieux. L’évangile de Marc)

Alors vient le moment essentiel de la scène : la question du grand prêtre sur les prétentions identitaires de Jésus. Cette interrogation est directe. Dans la bouche d’un juif, l’expression « le fils du Dieu béni » n’a pas de portée supérieure à celle de « Messie ». Les juifs ne peuvent concevoir que l’Envoyé spécial de Dieu pour établir son Règne soit autre qu’un homme sans plus.

A ce point précis de son interrogatoire, l’accusé rompt le silence qui était le sien pour faire une révélation étonnante. Pour la première fois dans l’évangile de Marc, Jésus revendique en public les titres qui sont les siens : ceux d’un messie transcendant. Jusque-là cette identité profonde demeurait un secret jalousement gardé à cause de son ambiguïté. Maintenant, Jésus est prisonnier. A la veille d’une mort incontournable, il ne craint plus de dévoiler en pleine lumière le mystère de sa personne.

Il le fait en reprenant une formule sous laquelle il s’est toujours présenté : « le Fils de l’homme ». Mais cette fois, à l’aide de deux passages d’Ecriture conjugués, il en précise toute la portée. « Siéger à la droite du Tout-Puissant » n’est pas seulement s’asseoir à la place d’honneur auprès du Maître de l’univers comme c’était annoncé du Messie (Psaume 110,1), mais c’est accéder au pouvoir souverain de Dieu (…). Et « venir parmi les nuées du ciel », selon l’imagerie du livre de Daniel (7,13-14), c’est recevoir les pleins pouvoirs divins de juge et de sauveur universel de la fin des temps.

Par ces deux citations bibliques Jésus ne peut, avec plus d’éclat, afficher ses prérogatives divines. Le Messie, lui ? Bien sûr, mais très au-delà de ce que ses contemporains mettent sous ce mot.