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Paroisse de Saint-Eloi
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Paroisse de Saint Eloi

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3ème semaine de carême

Pour méditer avec une œuvre d’art :
Le baiser de Judas - Arcabas

Évangile proposé pour le partage en groupe :
Le jardin des oliviers – L’arrestation de Jésus.  Marc 14 26-52

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Jésus leur dit : « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.
Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
Pierre lui dit alors : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. » Jésus lui répond : « Amen, je te le dis : toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Mais lui reprenait de plus belle : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous en disaient autant.

Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. » Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »

Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui. Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »
Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

De nouveau, il s’éloigna et pria, en répétant les mêmes paroles. Et de nouveau, il vint près des disciples qu’il trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre.
Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »

Jésus parlait encore quand Judas, l’un des Douze, arriva et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres, les scribes et les anciens. Or, celui qui le livrait leur avait donné un signe convenu : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le, et emmenez-le sous bonne garde. » À peine arrivé, Judas, s’approchant de Jésus, lui dit : « Rabbi ! » Et il l’embrassa. Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
Or un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille. Alors Jésus leur déclara : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais auprès de vous dans le Temple en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »

Les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent tous. Or, un jeune homme suivait Jésus ; il n’avait pour tout vêtement qu’un drap. On essaya de l’arrêter. Mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu.

Questions pour le partage en groupe (préparez-en au moins une avant la réunion) :

-  Pierre dit « je ne te renierai pas » et tous disaient de même : qu’est-ce que renier Jésus pour nous, et comment ne pas renier Jésus ?
-  Jésus prie pendant que les disciples sont endormis : que signifie dans ma vie aujourd’hui l’appel à veiller pour ne pas entrer en tentation ? comment nous confions-nous à Dieu dans l’épreuve ?
-  Suis-je appelé dans certaines circonstances de ma vie à dire comme Jésus « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » ?

Eclairage biblique :  Lettre aux Hébreux - He 5, 7-9

Pendant les jours de sa vie dans la chair, il (le Christ) offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Commentaire : (Jean-Pierre Rosa – Le jeune homme nu)

Au moment de l’arrestation de Jésus, au Jardin des Oliviers, un tout petit détail, propre à Marc, a beaucoup intrigué les commentateurs. Mais reprenons les événements : Jésus a célébré la Pâque avec ses disciples et les a prévenus de la trahison et de la mort proche. Il s’est retiré à l’écart, au Jardin, angoissé, et s’est mis à prier. Pendant ce temps les disciples se sont endormis. Il les réveille et les prévient : « C’est l’heure : celui qui me livre est tout proche ». Il est encore en train de parler qu’une bande armée, conduite par Judas, un des disciples, s’approche. Au signal convenu - un baiser - la troupe met la main sur Jésus. Confusion, coup d’épée sur l’oreille du serviteur du Grand Prêtre. Jésus prend la parole et leur reproche amèrement cette arrestation nocturne, digne d’un criminel, alors qu’il a toujours parlé ouvertement. Aussitôt les disciples prennent la fuite. Cet épisode est raconté, avec des mots et des précisions un peu différentes par les quatre évangiles. Mais Marc prend soin d’ajouter : « Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit : mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu ». (Mc 14, 51-52).

Il faut tout d’abord réaliser l’art du conteur. Avec un minimum de moyens, juste quelques mots, la scène est campée. Mieux : on imagine la fureur de la troupe, la terreur insurmontable du disciple et la fuite, honteuse mais irrépressible du jeune homme.

Mais qui est ce jeune homme qui n’apparait que chez Marc ? Certains commentateurs ont pensé qu’il pouvait s’agir du disciple lui-même. Après tout il n’est pas impossible que cet Evangile ait été écrit par ce Marc qui apparait dans les Actes (Ac 15, 39) et qui est présenté ailleurs par Paul comme un proche de Pierre. Un contemporain de Jésus donc. Souvenir cuisant, signature de l’auteur.

Mais une lecture plus approfondie nous conduit à lire le texte un peu différemment. Et si ce disciple qui s’enfuit dans la nuit noire tout nu n’était autre que nous-mêmes ? Si nous marchons à la suite de Jésus, non pas seulement de notre plein gré mais parce qu’il nous a lui-même choisi le premier, alors nous aurons beau nous enfuir comme Jonas « dans une autre direction », nous nous retrouverons malgré tout « tout nus », sans défense, tout comme Jésus. Car lui aussi va se voir dépouillé de ses vêtements et c’est tout nu qu’il mourra sur la croix.

Suivons le texte de plus près encore. Deux mots nous arrêtent : le « jeune homme » et le « drap ». Le mot drap qui semble désigner ici le vêtement est en réalité le même mot que celui qui est employé pour parler du linceul de Jésus. Quant au « jeune homme », c’est aussi celui de la résurrection : les femmes entrées dans le tombeau miraculeusement ouvert « virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur » (Mc 16 5). Ainsi donc, dès l’arrestation nous sommes prévenus que les forces de la violence et de la mort n’ont pas de prises sur Jésus. Il leur glissera entre les mains !